31 mars 2009

Viva Cubec libre!

Ceci n'est pas une boisson d'avril! Néanmoins, la capitale de ce nouveau pays en gestation dans le bout tendre de la corne des Néorhino, ce pourrait être Rhum!

La capitale de Cubec, c'est Rhum!

« Des putains meurtrières »

Digression : Roberto Bolano est né à Santiago du Chili en 1953. Hélas, décédé d'un cancer à 50 ans, en 2003. C'est une bonne année, 1953. Les chars faits en 1953 roulent encore dans les rues de la Havane. Oui, c'est vrai, demain soir, c'est CUBEC au Lion d'Or... Ne pas oublier. Staline est mort en 1953. On a trouvé le vaccin contre la polio - ce fait étant à vérifier. Bolano est l'auteur du roman Des putains meurtrières, tr. par Robert Amutio et publié chez Christian Bourgeois en 2003. J'en reparlerai davantage un autre tantôt. La bibliothèque est sur le point de fermer. Les lumières sont tamisées. Last call.

30 mars 2009

Beyond Here Lies Nothin'.






D
isponible gratos depuis minuit, pour un jour seulement, j'ai télé-chargé la toune Beyond Here Lies Nothin'...

Wow! Passé la journée avec ÇA dans les oreilles.

Trop fort, comme a dit Françoys!




ll y a des cuivres là-dessus! Jamais je n'avais entendu Dylan & trompette! Et comme annoncé, il y a de l'accordéon, de la B3 dans les entournures, des coups de caisse claire pour hanches allumées dans quelque vieux club du Sud!

Pis des quétarres électriques à la presque Santana!!!

Pis c'est toujours une histoire de pretty baby.

Oh well, I love you pretty baby
You're the only love I've ever known
Just as long as you stay with me
The whole world is my throne
Beyond here lies nothin'
Nothin' we can call our own


Watch out!!
Dylan est en voix.

Ça va grimper number one, j'en suis sûr!

28 mars 2009

Beirut à Montréal avec un sourire du dimanche!

Il n'y a pas trois jours, L. m'a fait découvrir Beirut. J'ai aimé ça au boutte spontanément. Tout à l'heure, j'ai souhaité en savoir plus, alors j'ai écrémé à gauche pis à droite, You Tube, leur site, leur My Space, etc., etc. J'apprends que la bande viendra en grande à Montréal le 11 juillet prochain, au Métropolis, dans le cadre FIJM.

C'est ben l'fun. Mais je serai à Avignon cette semaine là!

Or, sont jeunes! Ils vont revenir. Ils ont fait la Sala Rosa en 2007, le Théâtre National en décembre 2005...



A Sunday Smile

All I want is the best for our lives my dear,
and you know my wishes are sincere.
Whats to say for the days I cannot bare.

A Sunday smile you (we?) wore it for a while.
A Sunday mile (ou That cimetery mile? ) we paused and sang.
A Sunday smile you (we?) wore it for a while.
A Sunday smile and we felt true. (and)

We burnt to the ground
left a view to admire
with buildings inside church of white.
We burnt to the ground left a grave to admire.
And as we reach for the sky, reach the church of white.

A Sunday smile you (we ?) wore it for a while.
A Sunday mile (That cimetery mile? ) we paused and sang.
A Sunday smile you (we?) wore it for a while.
A Sunday mile ((That cimetery mile? ) we paused and sang.
A Sunday smile and we felt true. (and)

Discographie

J'écoute le hockey dans mon char!

27 mars 2009

Le sel d'Hénault - Touffeur du printemps





La pluie sur ta figure dans le vent tiède
et la touffeur du printemps,
n’est-ce pas une grande aventure ?

Gilles Hénault
Signaux pour les voyants
Allégories IV
1943




Photo : Josée Lambert




PÂTÉ CHINOIS (sans catch up)

Le copiage/collage Gilles Hénault


Les mots : des sons, des chuintements, des bruits,
qui font les délices du cœur de nos nuits...blanches.

Fantôme …d’opéra tragique (emprunté à l'auteur) ;-)


L’orbe des passions

La chute des plus frais désirs

L’enthousiasme neuf de mon rêve ancien

Le survol plané de paroles empennées qui vont droit au cœur

Les plus amples métamorphoses

Le virus des grandes profondeurs

Les vertes espérances des cœurs adolescents

Les pirateries les plus cruelles

La conflagration des robes de l’égoïsme

Le silence en parasol

Les quatre vents du délire

Les débâcles d’énigmes

La tristesse de cinq heures du soir en novembre

Dans l’antre de la vie close

Les regards oxydés de l’occident

Miracles des yeux mariés au monde

Le désir tisse sa toile

Dans le miroir du regard

Dans la profondeur des mots retenus

Les grandes mains closes

Les doigts emmêlés dans une confidence

Les pieds nus dans la glace fondante

La grande marée solennelle des orgasmes

Sous un arbre au seul tronc impérissable

Les mots blessés qui faussent le vol de la parole

La lente pulsation - résurrection des sèves

Les pensées en fleurs

Le dahlia bleu de l’espoir

Cette grande rumeur végétale

Je marche dans la mémoire des chrysanthèmes

Frêle insecte frère debout dans le soleil

Comme une voix d’arbre

Un signe de la main

Un seul mot innommable

Floraison des voyages délétères

Pour la pêche de l’aube

Sur la grève du temps

La serrure des saisons

Au long du vaigrage

Comédiens fantômes

Marionnettes invisibles

Épouvantail à moineaux

Peuple d’ombres

Sorciers de tribu

Fœtus à barbe

Vieux mystères et jeunes merveilles

Sans le manteau de bruit qui tisse le passage des trains

La clé des chants

Les soirs garance

Les aubes fondantes

Les fleurs de mémoire

Sous l’orgueil congelé du silence

La liberté des icebergs

Les pensers soleilleux

Le reflet polychrome du pétrole sur l’eau

La transparence des poissons lumineux et aveugles

L’acier des secrètes armes

Dans la rue Isabelle

Sous la voussure du ciel

La prochaine conjonction des regards

L’œil tournant des phares

Sous l’arcade du froid

Dans le marais salant de nos larmes

Vers la tendresse des soirs violacés

Dans ce monde où le rouge crie tué par la détresse mauve

La théophanie des cristaux

La bulle d’air du mot amour

Les astérisques d’ivoire

Les semailles de froidure

Le brouillon de planètes

La dalle d’aubes fondantes

Le vent de mars cette année n’a pas renversé les sabliers de mémoire.

L’écriture des allées et venues, des pas entrelacés sur le quadrillé des rues métropolitaines

en (a) dit plus long que tous les poèmes sur la texture de mon être.

Par-dessus le tintamarre des trains et des trams s’entendait le tam tam de mon sang,

(mais) avant ce jour, des silences innombrables battront de l’aile.



Tout se passe dans le lointain
Depuis l’enfance alifère


Mes textes préférés :

Bordeaux-sur-bagne
Avec le feu, avec le vin
Gaspésie
Défense de toucher
L’enfant prodigue
No man’s land
Bestiaire
Saga
L’invention du feu
Exil
Fusée
Créole
Sémaphore III – XI – XII
Je l’ai bercée toute la nuit 1.
Fraternels
Le spectacle continue
Amazone
Saisons II
Abstraction trop lisible (que j’aimerais bien dessiner)
Miroir transparent.


L.L., le 24 mars 2009


Référence : Signaux pour les voyants, Typo, 1994

26 mars 2009

Poésie de la terre


«
Sentir, écouter, percevoir, ne rien savoir est le début d'écrire. »
-
Jean-Marc Lafrenière*, St-Ferdinand, P.Q.

WoW! Dès l'aube, ne rien savoir, tâter le dieu, tenter le diable. Faire avec les mouches. Se donner l'intuition de la palette des insectes et du grain de sable qui nous avalera avec nos grands mots éternels.

Je suis accroc aller-retour à cette encre de murmures qui coule de source à mesure que défilent ces images de mil en chair allégorique, précises effluves comme poil de chenilles, légères ailées, fraternelles litotes, souterraines comme ces jambes solides ratissant le soc d'une époque en apparence sans lune. Le sel pourtant sur le terrain des vaches, les miroirs remuants des étangs qui adviennent pour que les enfants des enfants lancent au-dessus des galets sifflants, des
« pierres à voix », alphabet patient des arbres qui abrille jusqu'aux racines, en cas de gel, les rêves de nos oiseaux moqueurs, sans oublier le vent, son appétit, le fond de l'air dans nos regards, remise trouée des étoiles sans fil, chemise rapiécée des mots grandeur nature, sagesse des mains qui traversent l'horizon en nous faisant signe parmi les crickets, magistrales beautés en sillons dans nos petits casseaux de silence...

Ballades et prières et prairies du Jour de l'An à l'année longue. Le paradis avant la fin de ce jour en stylo-bille rural. Et surtout, cette tasse de vin qui nous attend au détour d'un rang de troubadours et de Fanfare pour pour...

* Bibliographie :

Pour en finir avec la mort, Légitime démence, 1990
L'Autre versant, Chemins de plume, 2005
La nuit des gueux, collectif, La plume libre, 2006
Photomaton, collectif, En.ligne.Édition, 2006
Parce que, Chemins de plume, 2007
Manquablement, Chemins de plume, 2009


Photo : jd.


25 mars 2009

L'Hôtel le Dauphin, roman


Les hôtels sont comme les trains : on passe devant intrigué, ou bien on ose entrer au grill pour voir, pour nouer connaissance subrepticement avec une inconnue qui a le goût de fumer et à qui on lance ad libitum des bouts de phrases allumées du genre : « Je vivrai l'amour des autres ».

Et cela vous donne envie d'écrire jusqu'au fin fond de votre estomac.

Ça m'a subitement pogné tout à l'heure en rentrant du bureau. Faisait doux. Ciel étoilé. Passé 21 heures. Faut-il être marteau travailler de même! Casser ses vacances en deux pour l'honneur sauf de la job bien faite! Malade au cube! À ne pas raconter à mes amis français pour qui les vacances, c'est sacré.

Au lieu de monter vers McGill comme à l'accoutumée, j'ai piqué par Belmont en direction du stand à hot dogs italien « Chien chaud Victoire », - meilleur que le Pool Room -, sur la Côte du Beaver Hall. La boutique était fermée, évidemment. C'ta juste pour le kik. Je n'avais pas si faim que ça malgré que j'eus passé par-dessus le dîner. France m'a donné un quartier de pamplemousse en après-midi. Le fruit de nos amours, que j'ai dit. C'est très bien comme ça. Je suis habitué de jeûner. D'autant que ces temps-ci, je carbure à l'eau d'érable, ma potion magique.

J'ai continué à marcher vers le Palais des Congrès, pointant vers Guy-Favreau. Puis là, à l'ombre de la belle enseigne de l'Hôtel le Dauphin, alors que les alentours sur De Bleury sont déserts et sombres à cette heure du soir, j'ai subito presto entendu la voix d'un narrateur ouvrant la première ligne du récit vierge :

« À cette époque, il y a longtemps que je n'avais pas été avec une femme. »

***
Pour paraphraser la mesure en pourcentage de SuperK, j'en suis donc à 0.03 % et des poussières du terme de mon roman!

Roman d'amour, d'alcool, de musique country revirant la ville à l'envers avec une fille d'Ahuntsic très jolie, Karou, mais paumée à l'os, une habituée « distinguée » de l'Hôtel le Dauphin avec ses entrées chez Toqué et qui va mêler les cartes en pas pour rire dans les petites affaires du quartier chinois adjacent. Le narrateur s'étant aventuré au-delà de la naïveté en aura long à dire, et plus long encore à cacher. Il y a aura mort d'homme dans un Montréal en apparence si french lousy city!.

24 mars 2009

Bayer aux corneilles














Le temps s’abeausit. Les corneilles sont revenues en masse du Mexique. J’ai traversé l’autre samedi en cambrousse le jardin un peu bouetteux, bordé de pieds de lin séchés. En catimini, un vert prime était en train de faire un rond éclatant autour des fleurs guimauves. Les corneilles, je les ai écoutées cet après-midi un bon quinze minutes en fermant les yeux. J’ai failli m’endormir au soleil sur un banc du parc Maisonneuve avec Lucky couché dessous. Je me suis dit que ce ciel printanier était un drôle de grimoire sonore et que cela chatouillerait les oreilles pointues d’un étranger de passage dans nos parages. Si tu pousses des petits cris furtifs pas trop baveux là où perche la noiraude bleue, il se peut qu’elle te réponde dans ta langue. Elle est polyglotte, la corneille, c’est-à-dire qu’elle est capable d’imiter le cri des autres animaux. Mais avant tout, une corneille craille. Et ça emplit le ciel.


Photo : Indydan (son travail photo est magistral).


22 mars 2009

À ciel ouvert


À ciel ouvert



Comment taire pour La Frenière.


« Et l'étoile qui s'éteint pour éclairer plus loin. »

Cela nous importe.
Même quand les mots trébuchent du nid,
le père oiseau aime que ses enfants volent.
J'imagine que le sourcier tellurique en lui
ne se laisse pas entortiller par les débris jonchant le sol
ni par les couches épaisses de la surdité successive
qui feront mourir les envies
avant que tombe le nuit.
La nuit n'est jamais seule puisque nous rêvons.
Puisque le sommeil nous manque.
Puisque le chien jappe.
Il trouvera les brindilles de source qui mènent au puits.
Ou bien, d'autres après lui.
Cela nous importe.
Nos enfants sont tous les enfants.
Reste donc les éclairs inattendus
qui écorniflent les bancs d'outardes,
l'écho-graphie dans l'humus des pistes
en train de recomposer les balades des étés passés.
Reste les rayons XYZ de nos échardes
et les lions d'or dans le magasin de touches de miel de la poésie.

« Si nos vives pensées ont engendré des dieux,
Et comme les rayons des étoiles qui meurent
Continuent de couler dans la nuit, et demeurent,
Je vis dans le Présent et pense à l'Avenir.
Je vis deux fois ma vie et ne sais pas mourir.
Frères! telle est ma foi dans l'humaine science
Et tel est mon espoir en notre délivrance. »
- Gilles Hénault, Chant Premier, Signaux pour les voyants.

Photo : jd.

20 mars 2009

Dégel, oui le dégel "et ses violentes césures"

Je fais attardé bien malgré moi. Souvent. Ça s'accumule inexplicablement. Toujours est-il que ces foutus Carnets pelés me limaient la tête hier soir ! Me suis couché à 4 heures du matin. Me suis dit que je m'en sortirais une fois de plus. Or, j'ai mené ma journée comme un dur; suis sorti du bureau dépassé 18 h 30; j'en ai abattu comme cinq!

À présent, je touche à mon premier long weekend depuis des lunes. On va les avoir les Anglais!

La musique au Café Noir est pourrite neuf fois sur dix. Là, ils viennent de se brancher sur CKOI! Sans-génie. Ça veut dire du beuglage et de la chiure de pubs entre deux petites chansons sans sexe, sans texte, faussement pressées dans le plexe excité des percussions en canne... Mais la pizze est bonne, cola, café, gâteau financier, la veillée est jeune.

Je suis passé à l'Échange, à un jet de pierre du Café, prendre quatre billets pour Symfolium. C'est cool l'Échange. Les bonnes vieilles plages de Solidaritude se succédaient alors que je sarclais dans les rayons.
" Et nous irons passer avril sur Mars "

J'ai cherché sans succès Les Petits Chevals Amoureux. J'ai trouvé par contre les Signaux de Gilles Hénault à 3,50 $. C'est ce que l'Ange des livres avait à me souffler. Il y a quelques années, j'ai refilé en cadeau mon exemplaire à Madame Balance. Avoir à nouveau ce recueil sous la main, ce grand phare intérieur et solidaire, cette grand' roue que je place au-dessus de tout me fait un vif plaisir.

D'autant que Fantôme m'a annoncé à venir un pâté chinois de Signaux pour les voyants.

Créole est particulièrement à mon goût :

"Elle était belle à crier
Je ne sais même pas ton nom : pourtant je l'imagine beau comme le zircon, beau comme l'opale qui flambe doucement sous sa cornée laiteuse. Je n'ose pas te nommer. Tu n'existes pas plus que les visages de mes désirs, puisque tu n'es plus là. Et pourtant, j'entends jusqu'au clapotement de ton ombre, jusqu'au froissement de feuilles de ton sourire, jusqu'au lent ruissellement de la lumière sur ta peau de grande fleur calcinée. "
- Gilles Hénault, Signaux pour les voyants, Typo, 1994, pp 118-119


Carnets pelés 25 - Analepses et autres signes avant-coureurs

















Dessin :
Adalbert Stifter


« Il n'y a qu'un devoir, c'est d'être heureux. »
« La poésie veut quelque chose d'énorme, de barbare et de sauvage. »
— Denis Diderot

22 août 2002
C'est dimanche. C'est le dernier dimanche des Paysages littéraires. Dire qu'au début je trouvais sa voix fatigante à la radio. Mais là, je vais m'ennuyer de Stéphane, de sa hauteur de vue en littérature. Stéphane Lépine : « Comme vous le savez, la direction de Radio-Canada m'a fermement indiqué la sortie. »

Ouais! Nous le savons!

24 mars 1988
Interpréter. Doxa et paradoxe. Ce soir, présentation de B. dans le cours d'herméneutique de Michaël La Chance. Autour du Paradoxe sur le comédien de Diderot (1773, publié vers 1830). Je note rapidement quelques passages. Mais je préfère écouter et observer B. qui est excellent et d'une nervosité rigolote. Il passe son temps à tournailler la tresse qui tombe sur le haut de son épaule droite et qu'il réussit à faire avec des cheveux pourtant très fins. Pour bien jouer l'émotion il ne faut pas être habité par l'émotion. Telle est la ligne du paradoxe que Diderot distille de savants dosages dialectiques entre l'acteur sensible — qui ne saurait vivre et ressentir les émotions qu'il joue soir après soir sans s'épuiser —, et l'acteur de tête, c'est-à-dire celui qui calcule au quart de tour les effets qu'il veut produire.

Retour au texte :
« L'acteur s'est longtemps écouté lui-même; c'est qu'il s'écoute au moment où il vous trouble, et que tout son talent consiste non pas à sentir, comme vous le supposez, mais à rendre si scrupuleusement les signes extérieurs du sentiment que vous vous y trompez. Les cris de sa douleur sont notés dans son oreille. Les gestes de son désespoir sont de mémoire, et ont été préparés devant une glace. Il sait le moment précis où il tirera son mouchoir et où les larmes couleront; attendez-les à ce mot, à cette syllabe, ni plus tôt ni plus tard. Ce tremblement de la voix, ces mots suspendus, ces sons étouffés ou traînés, ce frémissement des membres, ce vacillement des genoux, ces évanouissements, ces fureurs, pure imitation, leçon recordée d'avance, grimace pathétique, singerie sublime dont l'acteur garde le souvenir longtemps après l'avoir étudiée, dont il avait la conscience présente au moment où il l'exécutait, qui lui laisse, heureusement pour le poète, pour le spectateur et pour lui, toute liberté de son esprit, et qui ne lui ôte, ainsi que les autres exercices, que la force du corps. Le socque ou le cothurne déposé, sa voix est éteinte, il éprouve une extrême fatigue, il va changer de linge ou se coucher; mais il ne lui reste ni trouble, ni douleur, ni mélancolie, ni affaissement d'âme. C'est vous qui remportez toutes ces impressions. L'acteur est las, et vous tristes; c'est qu'il s'est démené sans rien sentir, et que vous avez senti sans vous démener. S'il en était autrement, la condition de comédien serait la plus malheureuse des conditions; mais il n'est pas le personnage, il le joue et le joue si bien que vous le prenez pour tel : l'illusion n'est que pour vous; il sait bien, lui, qu'il ne l'est pas. »

Et chez le poète, quel serait le jeu ? Il n'y en a pas, crie des voix innocentes?

Selon l'auteur de Jacques le fataliste, le poète serait à mi-chemin dans ses imitations (ou dans la prise de ses masques?), entre l'arbre et l'écorce, c'est-à-dire entre une imitation de lui-même et une imitation d'après le langage. Cet entre-deux est peut-être de l'ordre du passage.

Avril 1991
Sylvain va jouer à Genève. La veille de son départ, nous nous rendons au Quai des Brumes pour le lancement de Gorki. Pendant l'intermission, Sylvain me présente à Guy Thouin. Ce dernier dit : « La musique est par essence une porte ouverte à la performance. Entre les musiciens, tout monte... c'est de l'énergie. »

4 novembre 1990
Yves Bonnefoy a quitté le mouvement surréaliste en 1947. Ne se sentait plus à l'aise en regard de sa propre conception des images . En interview à l'émission En toutes lettres, il dit de plus refuser le mythe romantique du poète, celui qui ne serait qu'expression de soi, âme, sentiments, émotions. Il y a de l'intellectualité dans la force poétique. De la rigueur mathématique. La poésie comme la philosophie est le lieu de l'étonnement.

17 février 1987
Je m'adresse parfois directement à l'auteur de ces lignes pour lui rappeler que le cosmos en perpétuelle transformation est le miroir de l'oubli.

14 avril 1991 - Le P'tit Bar, 12 h 01
La série debout au bout du comptoir se poursuit. Pourrais-je citer de mémoire seulement trois idées force d’Art as experience? À quoi cela sert-il, par ailleurs, de citer, d'inciter, d'exciter? Travailler dans les bars, c'est vraiment impossible pour la pensée. C'est pire que dans une manufacture. Mais l'âme fait flèche de tout boire. Dans les yeux des clients, les clientes surtout : mille romans. Et puis, l'enfumé qui nous jambonne les couilles laisse libre cours... Sans que rien paraisse, je songe à ce qu'a pu être la vie dans les bars de ce lointain grand-oncle du nom de Jack Desmarais. Il n'était pas acteur, mais il dansait comme un diable, m'a raconté un jour l'oncle Paul; il pouvait semble-t-il frôler le plafond avec le bout de ses souliers vernis, ferrés. Tous ceux qui après lui dans la famille aimaient prendre un coup, on les surnommerait « Jack ». Tout ça pour dire que les mots ne sont rien par eux-mêmes. L'expérience est le réel, dit Dewey. Le langage n'est rien sans le contexte, ajoute Wittgenstein. Qu'est-ce que ce sera pour vous, demande un rêveur en chemise blanche?

20 décembre 1992
En toutes lettres évoque l'écrivain autrichien Adalbert Stifter selon qui être écrivain, c'est faire intervenir la forme dans la connaissance. Plus tard, Wittgenstein parlera aussi du monde perçu comme forme.

28 octobre 2000 — Bibliothèque de l'UQAM.
Parmi les revues, je feuillette Protée (#2, vol. 28) qui parle du silence. On cite un ouvrage de F. Fonteneau intitulé L'éthique du silence. Wittgenstein et Lacan, Seuil, 1999., p. 194 : « Le silence est impossible, mais c'est de lui que l'écriture trouve sa nécessité. »

30 avril 2004 — Métro Radisson.
Joie. Sur l'air d'un regret de philosophe. Que serait le sevrage de la clarté sans la nuit pour boire autour? La vie sans l'incertitude? La liberté sans le mal?

***

18 mars 2009

Go Rimbaud! Go!

C'est SuperK qui est entiché d'Indochine, je crois bien. Mais un saut chez lui et je me rends compte que je suis dans les patates : c'est plutôt Katerine qu'il adore ! Peu importe. Dans La République des météors, onzième opus du groupe trentenaire, on trouve ces chiens-loups aimantés dans la nuit... Pis, ça cherche en maudit!

« Moi, je voulais trouver la mélodie ultime. Je la cherche toujours d'ailleurs. »
- Nicolas Sirkis


GO RIMBAUD ! GO !

Un homme assis dans un couloir
À l'enfantillage
Moi je n'aime pas les amoureux
Et Dieu créa les mêmes
Essuie-toi les mains sales
Juxtaposées
A l'arrière du passé
Je nage et je dégage
Comme un roi
Comme un refusé je suis parti
Je suis un voyage qui me rendra mon naufrage
Dans le brouillard je rencontrerai la reine des pluies
Et toutes ces histoires pourront éclairer mes nuits (...)
Et toutes ses histoires pourront éclairer mes nuits.

(Nicola Sirkis -Suzanne Combeaud/Nicola Sirkis-Olivier Gérard)

14 mars 2009

Miss Forturne

Avec des traces de voyageur dans le sang se tenant plutôt à l’ombre

avec des mots drus en crachat
qui se salissent en pointillé dans la poussière des vieilles lettres

une douleur capitale qui déchire le papier, ma mère

avec du négrillon de chagrin dans le dos

le poète écrit mais n’écrit plus avec des pierres au dieu Leilah :
« Mes affaires ne vont pas si mal, dit-il, sauf que là
Je n'ai même jamais connu quelqu'un qui s'ennuyât
autant par les soirs bleus d'été, liqueurs, cotonnades,
soieries, vierges nues couleur café,
mais encore les souvenirs bariolés
des tilleuls et des promenades... »

Comme un soir de nulle part ailleurs


Je ne sais pas si comme moi, mon chien et mon chat vous vous promenâtes au clair de la lune en ce vendredi soir du treize mars, mais elle était sans contredit saisissante, envahissante, remuante, grosse torche avec son teint blanchâtre se mirant sur la glace en fragments aux abords des maisons vers Hochelaga. Mais je dirais : la lune de profil semblait dans la lune. Elle s'ennuie peut-être à l'école de la nuit et regarde comme ça, au loin, par la fenêtre, les signes avant-coureurs du printemps.

Changement de sujet. Je croyais ce clip effacé du Train de nuit et je ne pouvais pas me souvenir ni de la série française Le centre du visionnage, ni des noms d' Édouard Bear (Otis) et de Gilles Gaston Dreyfus (Me Morrissard) pour repérer à nouveau le tout sur Ton Tuyau. Voici qu'un lecteur visite cette ancienne entrée et m'y ramène. Et je m'esclaffe de nouveau pour la énième fois.

Reprise.

12 mars 2009

Elle se laissait caresser

Les coupes à champagne étaient vides
laissant des jaunets sur la nappe blanche
posée là, sur l’herbe, avec des plis

Des petits ronds de paille dépareillés
parmi les marguerites et les trèfles,
les miettes de pain éparpillées

Comment faire pour étirer
ce dimanche après-midi
à l’Île Ste-Hélène?

Les taches de son sur ses joues
comme un essaim de soleils picotés,
sa tête sur mes genoux
elle se laissait caresser.

09 mars 2009

La roche qui roule




ROCKING THE WORLD

Stadium full of
screaming teens

Hot young things
in cut-off jeans

You're on the front
Page of magazines

And you find yourself...
Driving the media machine

a hot shot
on the social scene

This reality
was once just a dream

Status whore
such a libertine

When you find yourself...
In the back seat of limousines (o sounds like go)

Everywhere you go...
it always seems as though...
Everybody knows
your face and name...

They call you a rock n' roller
Because you're
rocking the world

You're stopping traffic
Without crossing streets

smiling face
On everyone you meet

full house
With no empty seats

People pay you money
Just to hear you speak

Everywhere you go...
it always seems as though...
Everybody knows
your face, your name

They call you a rock n' roller
Because you're
rocking the world




rocking the world
Paroles :Tom Jensen
Musique : Lai
Musiciens :Lai
Vidéo :Lai
http://ca.youtube.com/user/poemsbytom


Slam de mars : et ça cool dans les boquettes


Noticias


SLAM
9 mars 2009
Ouverture des portes : 19h30
à l'O Patro Vys
(356 ave. Mont-Royal E. )

Slam ce soir avec, entre autres, Pierre Boudreau, Julie Dirwimmer, David Leduc...

Animation : Ivy
DJ : Paolo Tofu

07 mars 2009

Whiskey & Me

Voici le Pancho & Lefty version Whiskey & Me. Un extrait sans prétention fait d'une seule traite. En attendant de jouer live ensemble.



La version de Whiskey tout seul.

Caméra : Noémie

06 mars 2009

Boire cubec ! Lettre à mes amis fous de Cuba





Bonjour,

À la suite du journal Le Monde, Le Devoir d'hier (5 mars) rapportait que Barak Obama s'apprête à mener un grand coup en faveur de Cuba d'ici la mi-avril, à l'occasion de la réunion de l'OEA. Cuba en est exclu depuis 1962, mais le Brésil servirait d'intermédiaire afin, je l'espère, de lever l'embargo américain. C'est ce qu'exigent, bien entendu, au moins huit pays membres de l'OEA.



Pendant la campagne à l'investiture Démocrate, la position d'Obama était on ne peut plus claire :
« Je soutiens une éventuelle normalisation et c’est absolument vrai que je pense que notre politique (sur Cuba) a été un échec. Notre objectif est la normalisation mais cela doit se faire par étapes ». (http://www.humanite.fr/Barack-Obama-Notre-politique-sur-Cuba-a-ete-un-echec)

Lors d'un débat avec Hilary Clinton, Obama ajoutait qu'il était d'accord pour entreprendre sans préalable des discussions avec le régime communiste. Cependant, il était très important à ses yeux « que ces dirigeants aient un programme prévoyant la libération des prisonniers politiques et la liberté de la presse ». (http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2008/02/21/009-presidentielles-debat-texas.shtml).

Les étapes en question pourraient d'abord être d'agrandir les exceptions actuelles de l'embargo (bouffe, médicaments), d'assouplir le commerce (actuellement les Cubains doivent payer cash leurs importations avant la livraison de la marchandise) et de lever les restrictions vicieuses votées par Bush sur la limitation de la circulation des ressortissants cubains et les quotas imposés sur les sommes d'argent envoyées vers l'Île.

La source de ces allégations est fortement appuyée par le rapport récent de Sénateur Républicain Richard G. Lugar, en date du 22/02/09, (http://lugar.senate.gov/sfrc/pdf/Cuba.pdf), et qui avait le mandat d'évaluer la politique états-unienne à l'égard de Cuba depuis 1962 (Kennedy). Comme Obama, le rapport conclut que cette politique a été un échec.

On peut lire un bon résumé de ce rapport et de ses implications politiques sur le blog de Jacques Homet ( http://jacquesthomet.unblog.fr/2009/02/24/cuba-le-rapport-dun-senateur-republicain-prone-la-levee-de-lembargo-americain-sans-le-dire-mais-en-le-disant/).

Si cela s'avère dans la réalité, l'intuition dont je faisais part dans mon courriel précédent va s'avérer juste : une nouvelle dynamique - politique et économique - tout à fait inédite pourrait s'instaurer entre les deux voisins naturels ne donnant pas le go aux adversaires historiques de la Révolution campés en Floride. Incidemment, Obama a gagné la Floride et ne doit rien politiquement à la droite pure et dure néo-cubaine de Miami. Ce fait politique a son importance.

Mais que sera la réponse des Castro et de l'appareil militaire qui carburent à la crainte de l'envahisseur usa depuis 40 ans? Les récentes «Réflexions» de Fidel sur la «virginité politique perdue » de Barak Obama ne favorisent certainement pas le changement de perspective. (
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/09/barack-obama-et-cuba-du-conflit-au-dialogue-par-jean-michel-caroit_1152711_3232.html).

Si une alternative politique de gauche existait à Cuba, il me semble que cette ouverture états-unienne sérieuse et historique pourrait plus concrètement se réaliser en faveur des intérêts des deux peuples.

C'est tout de même palpitant et c'est à suivre.

Puis, on ira
avec plaisir au Lion d'Or, le 1er avril, pour le Cabaret révolutionnaire du Symfolium 2009 que vous êtes en train de mijoter. Le programme s'annonce d'ailleurs des plus dangereux, davantage que celui des Plaintes d'Abraham, avec, entre autres, Vic Vogel (un amant de Cuba) et Pag, Amir Khadir, Francine Lalonde (ma députée) !



Le thème cette année est :


Cubec, un hommage ludique au peuple cubain
à l'occasion du 50e anniversaire de leur révolution.


Photo de l'affiche des frères Castro : jd
Photos des affiches du Symfollium : Valéry.

04 mars 2009

En attendant Whiskey & Me, voici Bob et Willie!

Poncho and Lefty (paroles de Townes Van Zandt)

Living on the road my friend was gonna keep you free and clean
Now you were your skin like iron and your breath's as hard as kerosene
You weren't your mama's only boy but her favorite one it seems
She began to cry when you said goodbye and sank into your dreams
Poncho was a bandit boy his horse was fast as polished steel
He wore his gun outside his pants for all the honest world to feel
Poncho met his match you know on the deserts down in Mexico
Nobody heard his dyin' words ah but that's the way it goes
All the Federals say they could've had him any day
We only let him slip away out of kindness I suppose

Lefty he can't sing the blues all night long like he used to
The dust that Poncho bit down south ended up in Lefty's mouth
Day they laid poor Poncho low Lefty split for Ohio
Where he got the bread to go there ain't nobody knows
All the Federals say they could've had him any day
We only let him slip away out of kindness I suppose
[ guitar ]
The poets tell how Poncho fell and Lefty's living in a cheap hotel
The desert's quiet and Cleveland's cold and so the story ends we're told
Poncho needs your prayers it's true but save a few for Lefty too
He only did what he had to do and now he's growing old
(All the Federals say they could've had him any day)
We only let him slip away out of kindness I suppose
A few Federals say could've had him any day
We only let him go so long out of kindness I suppose

03 mars 2009

Ensauvagement


« La nuit est tellement claire,qu'on voit le chemin dans le
bois »
- J.F. Lamothe, Tiguidou pack-sac

« Par-dessus les bois, par-dessus les champs
Un oiseau rouge, un oiseau blanc
Par-dessus les bois, par-dessus les champs
Un oiseau rouge, un oiseau blanc, un oiseau-lyre (...) »
- Gilles Vigneault, Le grand cerf-volant


« Nègre blanc d'Amérique, la partie rouge en moi me sert de bivouac (...)
Quand il meurt, l'homme rouge n'a plus d'endroit où aller. (...) Il est difficile de m'imaginer n'existant plus nulle part. Même les flocons qui tombent et fondent se reforment en boue, en herbe fraîche, en terre sèche. Vivre et mourir pour revenir vivre (...) Je ne sais plus trop qui je suis. Rouge au-dedans, blanc au dehors, je serai toujours la mauvaise pomme du panier. Les nuits se changent en jours et les jours en nuits mais les semaines se ressemblent. (...) Dans le tonnerre des minutes, les secondes passent comme un éclair. Le côté rouge en moi ne passe pas son temps à prier. Il a trop de respect pour le dieu du sommeil, celui du rêve ou du repos. »

- Jean-Marc La Frenière, l'âme des chamans (extraits).